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mardi 9 juin 2020

IBM met fin à son activité de reconnaissance faciale



Dans une lettre adressée au Congrès américain ce 8 juin, le CEO de la multinationale IBM, Arvind Krishna, a annoncé mettre fin à son activité de reconnaissance faciale.

Utiliser la technologie pour plus de transparence et responsabilité
"IBM s'oppose fermement et ne tolérera pas l'utilisation de toute technologie [de reconnaissance faciale], y compris celles proposées par d'autres fournisseurs, pour la surveillance de masse, le profilage racial, les violations des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ou pour tout autre objectif qui ne serait pas conforme à nos valeurs et à nos principes de confiance et de transparence", a annoncé M. Krishna dans sa lettre.
"Nous pensons qu'il est temps d'entamer un dialogue national sur la question de savoir si et comment la technologie de reconnaissance faciale doit être utilisée par les services répressifs nationaux".
Le CEO d’IBM propose trois sujets sur lesquels l’entreprise souhaiterait travailler avec le Congrès : la réforme de la police, l’usage responsable de la technologie et l’élargissement des compétences et opportunités dans le domaine de l’’éducation.
Selon l’entreprise, l’intelligence artificielle est un outil puissant pouvant aider les forces de l’ordre à assurer la sécurité des citoyens. Mais, les vendeurs et utilisateurs des systèmes d’IA ont une responsabilité partagée : les systèmes doivent être testés et audités, surtout lorsqu’ils sont utilisés en l’application de la loi.
Arvind Krishna souhaite donc que la politique nationale encourage l’usage de la technologie pour lutter contre les problèmes de discriminations, soit lutter contre le racisme institutionnalisé et les violences policières. En démocratisant le port de caméras mobiles par les agents de police et le développement d’outils d’analyses de données, IBM entend utiliser la technologie pour aller vers plus de transparence et de responsabilité dans le maintien de l’ordre.

Une position critiquée
Cependant, cette position d’IBM est loin de faire l’unanimité du côté de la société civile. Neema Singh Guliani, de l'association American Civil Liberties Union (ACLU) connue pour interpeler les multinationales s’est exprimée sur le sujet à la suite des mesures de réforme de la police proposées au Congrès.
Elle affirme que la reconnaissance faciale ne devrait pas être intégrée dans les caméras mobiles portées par les agents de police car elles sont destinées à « être des outils de responsabilisation et non de surveillance policière ».
Préconisant elle aussi le développement de la technologie, elle souhaite au contraire que ces investissements puissent contribuer à « éliminer la fracture numérique » et non à créer une infrastructure de surveillance « qui exacerbe les abus policiers et le racisme structurel ».
Il faut garder en tête qu’IBM est une entreprise, et qu’il est donc dans son intérêt économique de continuer à démocratiser et vendre ses outils technologiques malgré les critiques liées au fonctionnement de la reconnaissance faciale et notamment de ses propres outils.
En effet, en février 2018 à la suite d’une étude de Joy Buolamwini, du MIT Media Lab et de Timnit Gebru, les chercheurs ont constaté que le taux d’erreur de l’entreprise dans l’identification du genre des femmes à la peau plus foncée était de 35% alors qu’il ne l’était que de 1% pour les hommes blancs. Loin d’être la seule entreprise affichée dans cette étude – Microsoft étant aussi pointée du doigt - IMB avait répondu que l’entreprise allait s’améliorer à ce sujet.
Malheureusement, il y a encore et toujours des discriminations liées à l’usage de la reconnaissance faciale et des détournements de son utilisation pour la surveillance de masse.

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